Le Conseil français du culte musulman (CFCM) fait part de son effroi et de sa profonde indignation face aux informations révélées par le quotidien israélien Haaretz, qui rapporte, photographies et témoignages à l’appui, que des Palestiniens détenus lors d’opérations militaires en Cisjordanie ont été marqués et numérotés sur le front ou sur d’autres parties du corps par des soldats israéliens.
Le CFCM condamne avec la plus grande fermeté ces agissements barbares, qui rappellent, par leur nature même, les heures les plus sombres de notre histoire européenne.
Le CFCM souligne à cet égard la charge symbolique et historique particulière que revêt, en Europe et notamment en France, le fait de réduire un être humain à un simple numéro inscrit sur son corps. Dans l’histoire de l’humanité la déshumanisation d’un peuple a toujours été une étape préalable ou qui accompagne un génocide.
La gravité de ces faits est d’autant plus grande qu’ils ne semblent pas constituer un événement isolé. Des pratiques similaires avaient déjà été rapportées en avril dernier à Jénine, où des Palestiniens avaient également été marquées de numéros sur leur corps. L’armée israélienne ne nie pas la réalité de ces faits. Elle les justifie !
Cette affaire intervient dans un contexte où la population palestinienne de Gaza et de Cisjordanie est confrontée à des violences et à des déplacements forcés d’une très grande ampleur. Le CFCM alerte depuis plusieurs mois sur la multiplication des déclarations de responsables politiques israéliens appelant ou contribuant à un nettoyage ethnique des civils, femmes et enfants palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.
Le CFCM condamne également les meurtres quotidiens de civils, les violences commises en toute impunité par les soldats israéliens contre les populations palestiniennes ainsi que les attaques incessantes de colons galvanisés par un ministre de l’intérieur fanatique.
Face à la gravité de la situation, le CFCM appelle la France, l’Union européenne et l’ensemble de la communauté internationale à ne pas détourner le regard, à exiger le respect du droit international humanitaire et des droits fondamentaux, et à agir de manière ferme et coercitive pour que cessent les violences et les atteintes à la dignité humaine.
La dignité humaine ne peut être à géométrie variable. Elle doit être défendue pour chaque être humain, sans distinction d’origine, de religion ou de nationalité.
Paris, le 19 août 2026
Conseil Français du Culte Musulman

